{"id":6527,"date":"2020-11-09T01:40:25","date_gmt":"2020-11-09T01:40:25","guid":{"rendered":"https:\/\/ethique-rlaroche.profweb.ca\/?p=6527"},"modified":"2021-02-01T19:32:56","modified_gmt":"2021-02-01T19:32:56","slug":"lart-une-revolution-culturelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/?p=6527","title":{"rendered":"L&rsquo;art: Une r\u00e9volution culturelle"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019art a toujours \u00e9t\u00e9 en dialogue avec la culture et nos m\u0153urs sociaux. D\u2019une part, l\u2019art est l\u2019expression de notre culture. Par exemple, les tags et autres graffitis repr\u00e9sentent de fa\u00e7on non censur\u00e9e les impulsions de notre \u00e9poque. Et d\u2019autre part, l\u2019art influence notre perception de la soci\u00e9t\u00e9, notre perception de l\u2019autorit\u00e9, de la souffrance, des minorit\u00e9s, de la beaut\u00e9, etc. C\u2019est ainsi que l\u2019art a longtemps \u00e9t\u00e9 un outil de contr\u00f4le pour les autorit\u00e9s politiques. C\u2019est \u00e0 travers celle-ci qu\u2019ils v\u00e9hiculaient leurs valeurs, leurs sup\u00e9riorit\u00e9s et distrayaient la population \u00e0 leur avantage. L\u2019ampleur d\u2019une \u00e9glise majestueuse, par exemple, aurait \u00e9t\u00e9 assez pour convaincre n\u2019importe qui de la puissance de son cr\u00e9ateur, de la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019une statue ou un tableau met en valeur cette autorit\u00e9. L\u2019emprise de l\u2019art s\u2019est graduellement d\u00e9centralis\u00e9e avec le temps, pour une forme de d\u00e9mocratie int\u00e9ressante aujourd\u2019hui qui inclue l\u2019art activiste. Comment l\u2019art a-t-il \u00e9volu\u00e9 pour occuper la place qu\u2019il a aujourd\u2019hui? Comment la vari\u00e9t\u00e9 de culture et d\u2019exp\u00e9rience tel le Hip Hop ont pu faire partie de cette \u00e9volution?<\/p>\n\n\n\n<p>Pour moi, l\u2019art occupe une place n\u00e9cessaire dans mon quotidien. Il offre en effet une place de penser, d\u2019exister et de voir le monde \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de mon quotidien. Dans celui-ci, un monde rationnel, je suis objectivement juste un autre humain qui marche dans la rue comme tout le monde, qui subit et qui suit un syst\u00e8me, qui va \u00e0 l\u2019\u00e9cole et qui rentre chez moi le soir. Je peux \u00eatre heureux et souffrir comme tout le monde, mais ces \u00e9motions passent inaper\u00e7us et ne sont pas importantes. Or, l\u2019art me donne ce sentiment d\u2019importance. Car souvent il m\u2019engage \u00e0 prendre fiert\u00e9 dans tout ce qui m\u2019est marginal et dans toute la force qui transpara\u00eet de lui. Je pourrais \u00eatre absolument rien du tout, mais l\u2019exp\u00e9rience visc\u00e9ral de l\u2019art englobe mon univers et fait de moi quelqu\u2019un de grand et d\u2019important \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de cette exp\u00e9rience. Encore plus fort, c\u2019est que la popularit\u00e9 de certaines \u0153uvres soul\u00e8ve qu\u2019il y a une universalit\u00e9 aux sentiments qui nous \u00e9meut. \u00c0 travers cette section du cours, il m\u2019est devenu clair que le Hip Hop jouait \u00e9galement sur ces sentiments transmis par l\u2019art et qui avan\u00e7aient davantage des messages politiques pour le bien de la communaut\u00e9 afro-am\u00e9ricaine. Dans ce contexte d\u2019art politique, des chansons passionn\u00e9es qui porte la justesse du sentiment que les artistes veulent transmettre r\u00e9sonnent comme sentiment universel. Cette culture pla\u00eet aux blancs et prend de l\u2019ampleur \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la culture blanche. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur de cette culture, v\u00e9hicul\u00e9 dans la culture blanche, des messages de r\u00e9voltes et d\u2019activismes circulent aussi, ce qui donne une grande plateforme pour l\u2019activisme contre le racisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette nouvelle vision d\u00e9mocratique qui soustrait le pouvoir aux institutions formelles, tout le monde a le potentiel d\u2019\u00eatre artiste, car tout autour de nous a le potentiel d\u2019\u00eatre \u0153uvre d\u2019art comme le d\u00e9fendent si bien Duchamp et Warhol (dans le concept du \u00ab&nbsp;ready-made&nbsp;\u00bb). Aujourd\u2019hui, tout le monde qui poss\u00e8de un t\u00e9l\u00e9phone mobile dans sa poche peut prendre une photo de ce qui semble digne d\u2019int\u00e9r\u00eat et en devient l\u2019artiste de son \u0153uvre. De plus, l\u2019espace public peut \u00e9galement prendre l\u2019importance d\u2019un mus\u00e9e aujourd\u2019hui, et tout le monde y a acc\u00e8s. Par exemple, le jeune Jean-Michel Basquiat, avec des amis, cr\u00e9e la fameuse \u00e9tiquette de rue&nbsp;\u00ab&nbsp;SAMO&nbsp;\u00bb (voulant dire \u00ab&nbsp;<em>same old shit&nbsp;\u00bb<\/em>). Les messages v\u00e9hicul\u00e9s questionnent la soci\u00e9t\u00e9 dans lequel Basquiat \u00e9volue et grandit. Dans ce monde o\u00f9 tout peut \u00eatre art, le nouveau crit\u00e8re de l\u2019art \u00ab&nbsp;bon&nbsp;\u00bb, c\u2019est qu\u2019il doit maintenant pr\u00e9senter une sinc\u00e9rit\u00e9 personnelle de la part de l\u2019artiste. L\u2019artiste devient une marque en soi. L\u2019artiste se vend alors selon l\u2019id\u00e9al, selon la marque qu\u2019il se cr\u00e9e. Dans cet univers qui lui devient personnel, son art a la chance de plaire globalement. De plus, les plateformes de m\u00e9dias sociaux favorisent la divulgation et promeuvent la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 instantan\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, tout le monde aujourd\u2019hui devient consommateur d\u2019art. Chaque achat implique un artiste quelconque, vendu par un id\u00e9al, une marque fabriqu\u00e9e pour un profit, pour une romantisation de notre achat et de notre temps. Que ce soit le personnage de Kim Kardashian, la maison Gucci ou le p\u00e2tissier local sur son compte Instagram. &nbsp;Dans une d\u00e9mocratie artistique o\u00f9 les \u00e9lus ne d\u00e9pendent plus autant des institutions, la popularit\u00e9 d\u00e9pend de la masse. C\u2019est ainsi que l\u2019art se d\u00e9centralise et donne de plus en plus de voix aux artistes au contre-courant d\u2019une institution dominante. L\u2019av\u00e8nement des r\u00e9seaux sociaux est un catalyseur important dans ce ph\u00e9nom\u00e8ne. C\u2019est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de cette soci\u00e9t\u00e9 capitaliste que l\u2019art \u00e9volue le mieux aujourd\u2019hui et qu\u2019elle est devenue aussi d\u00e9mocratique, on pourrait le croire. Le r\u00eave am\u00e9ricain semble \u00eatre \u00e0 la port\u00e9e de tout le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Le nouvel enjeu aujourd\u2019hui c\u2019est qu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ce syst\u00e8me capitaliste de l\u2019art, il faut toujours crier plus fort que son comp\u00e9titeur, ce qui stresse l\u2019artiste \u00e0 devoir cr\u00e9er toujours en plus grande quantit\u00e9 dans un monde jetable au rythme rapide, plut\u00f4t que de cr\u00e9er avec temps, soin et approfondissement. C\u2019est le commerce, l\u2019autorit\u00e9 commerciale, d\u2019aujourd\u2019hui qui a pris empire sur l\u2019art en contraste \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 politique d\u2019autrefois. On semble chercher \u00e0 mon\u00e9tiser tout ce qui semble vendre, plut\u00f4t que d\u2019offrir ce qui est v\u00e9ritablement authentique de la part de l\u2019artiste. L\u2019int\u00e9grit\u00e9 de la qu\u00eate de l\u2019artiste contemporain est alors fragilis\u00e9e. Dans le monde de la mode, chaque choix est calcul\u00e9 pour le profit maximal. Une d\u00e9cision \u00e9thique se fait seulement lorsqu\u2019elle est rentable, lorsqu\u2019il y a une demande pour cette derni\u00e8re. On dirait alors que l\u2019artiste devient d\u00e9pendant de son client comme ce client est d\u00e9pendant de l\u2019artiste. Cet \u00e9change peut faire de l\u2019art quelque chose de plus ou moins engag\u00e9, mais le consommateur a une part \u00e9norme \u00e0 jouer. L\u2019art est maintenant une conversation entre le cr\u00e9ateur et son consommateur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019art a toujours \u00e9t\u00e9 en dialogue avec la culture et nos m\u0153urs sociaux. 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