{"id":38637,"date":"2024-12-10T03:49:19","date_gmt":"2024-12-10T03:49:19","guid":{"rendered":"https:\/\/ethique-rlaroche.profweb.ca\/?p=38637"},"modified":"2024-12-11T04:23:33","modified_gmt":"2024-12-11T04:23:33","slug":"enjeux-autochtones","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/?p=38637","title":{"rendered":"Enjeux autochtones"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-larger-font-size\">Cultures autochtones <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"715\" height=\"400\" src=\"http:\/\/www.philo-cvm.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/image-6.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-38946\" srcset=\"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/image-6.png 715w, https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/image-6-300x168.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 715px) 100vw, 715px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-regular-font-size\">De mani\u00e8re m\u00e9thodologique.<\/p>\n\n\n\n<p>Politiques de reconnaissance.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Inspir\u00e9 de Glen Sean Coulthard et L\u00e9anne Betasamoke Simpson (ils tournent le dos \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 canadienne)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Livre : Peau Rouge, masques blanc (critique des politiques de reconnaissance)<\/p>\n\n\n\n<p>Alanis Obamsawin<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Probl\u00e9matique : colonialisme<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Figure de la sorci\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9canisme de r\u00e9pression.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9mergence de l\u2019\u00e9tat moderne.<\/p>\n\n\n\n<p>Rationalit\u00e9 instrumentale.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objectivation.<\/p>\n\n\n\n<p>Soci\u00e9t\u00e9 de droit.<\/p>\n\n\n\n<p>Propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Hip-hop (moyen de r\u00e9sistance pendant une impasse et qui incarne la tension)<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes ses choses on cr\u00e9e les rapports humains dans lesquels on vit aujourd\u2019hui (violence, jugement, difficult\u00e9 \u00e0 entrer en relation\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p>Fermeture du dernier pensionnat au Qu\u00e9bec : 1996<\/p>\n\n\n\n<p>Donc sujet encore \u00e0 vif.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comment on r\u00e9pond \u00e0 l\u2019impasse? Comment nous on fait pour y r\u00e9fl\u00e9chir?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Auto-\u00e9ducation \u00e0 travers l\u2019art (litt\u00e9rature, cin\u00e9ma, art)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9couter les voix qui se l\u00e8vent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Regard empathique et laisser tomber le regard critique.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus d\u2019autonomie pour eux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Institutionnaliser.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019\u00e9ducation (\u00e9duquer sur les communaut\u00e9s autochtones mais d\u2019aujourd\u2019hui)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Oui c&rsquo;est important de conna\u00eetre notre histoire, mais il faut savoir aussi comment naviguer dans notre soci\u00e9t\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Repr\u00e9sentation st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Quand on se construit un imaginaire commun, on cr\u00e9e une limite de ce qui entre dans notre d\u00e9finitions.<\/p>\n\n\n\n<p>La personne autochtone n&rsquo;est pas un monsieur sur sa banquise avec son harpon et son costume traditionnel, mais une personne qui souffre de ses vices (alcoolisme\u2026) et de la soci\u00e9t\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On ne peut pas demander \u00e0 la communaut\u00e9 de nous \u00e9duquer alors que c&rsquo;est nous qui les avons juger\u2026 on a le devoir de s\u2019\u00e9duquer.<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce que ses communaut\u00e9s veulent vraiment la r\u00e9conciliation ou veulent juste la paix. Encore une fois on force la relation. (Int\u00e9gration)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9sir du changement concret.<\/p>\n\n\n\n<p>Conscientisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce que ce sont vraiment les voix qu&rsquo;on amplifie ou l\u2019id\u00e9e qu\u2019on est une soci\u00e9t\u00e9 inclusive.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Relation :<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Prendre et r\u00e9pondre aux signaux (interpr\u00e9ter et \u00e9couter)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Interagir&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Faire partie du tout&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pas de position de pouvoir (relation saine)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9galit\u00e9&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Communication \/ \u00c9change (positive ou n\u00e9gatif)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque partie \u00e0 ses qualit\u00e9s propres (compliment les uns aux autres) (pas les m\u00eames qualit\u00e9s individuellement qu\u2019en relation)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9mergence de la relation de nouvelles qualit\u00e9s (les parties sont transform\u00e9es par la relation)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre une relation ne doit pas mettre en jeu l\u2019individualit\u00e9&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mani\u00e8re de penser doit \u00eatre transform\u00e9&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apparition d&rsquo;un nouvel ensemble (une relation amicale ou romantique)<\/p>\n\n\n\n<p>Combien de relation on manque \u00e0 cause des pr\u00e9jug\u00e9s&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Glen Sean Coulthard<\/p>\n\n\n\n<p>Historique : reconnaissance&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Relation : le produit de la relation fait \u00e9merger de nouvelles qualit\u00e9s (qualit\u00e9s diff\u00e9rentes des qualit\u00e9s propres \u00e0 chaque membre du groupe et du groupe lui-m\u00eame)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Politique : situ\u00e9e&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Objectivit\u00e9 \/ subjectivit\u00e9&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Rapport Jacques Viens : relation entre les autochtones et certains services publics.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9coute, r\u00e9conciliation, progr\u00e8s&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Lib\u00e9ralisme canadien<\/p>\n\n\n\n<p>Individualisme &#8211; libert\u00e9 de l\u2019individu&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On accorde tellement d\u2019importance \u00e0 la libert\u00e9 de chacun qu\u2019en groupe on fait juste additionner les qualit\u00e9s de chacun sans penser que le groupe \u00e0 lui-m\u00eame ses qualit\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Rapport au territoire : il appartient au territoire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le territoire ne m\u2019appartient pas, j\u2019appartiens au territoire&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi les autochtones en arrive \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019il faut laisser tomber le lib\u00e9ralisme canadien. Pour ce concentr\u00e9 sur l\u2019autod\u00e9termination, l\u2019auto reconnaissance et leur tradition par le r\u00e9cit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re l\u2019id\u00e9e de reconnaissance il y a des humains conscients de soi. Il s\u2019agit d\u2019\u00eatre conscient que l\u2019autre est aussi conscient de soi. Reconnaissance bas\u00e9e sur la subjectivit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Kent : c\u2019est la chose que je ne peux pas instrumentaliser c\u2019est le fait que l\u2019autre \u00e0 une conscience de soi.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9mergence de la conscience de soi : diff\u00e9rence entre l\u2019environnement dans lequel on est et notre corps (j\u2019arrive \u00e0 comprendre que je suis le sujet des actions, les choses m\u2019arrive \u00e0 moi.)<\/p>\n\n\n\n<p>Alt\u00e9rit\u00e9 : Le JE est \u00e0 la base du r\u00e9cit. On raconte des r\u00e9cits parce qu\u2019on a aussi quelqu\u2019un a qui les raconter. On a besoin des rapports sociaux pour nos r\u00e9cits.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Interactionnisme : on veut des droits, libert\u00e9, acc\u00e8s a la propri\u00e9t\u00e9, succ\u00e8s social \u00e9gaux pour tous (comme limage qu&rsquo;on se fait des US). Mais il y a quand m\u00eame un rapport de domination et le colonialisme est encore pr\u00e9sent au Canada.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour avoir la libert\u00e9, il faut \u00eatre reconnu. Dans le contexte de lib\u00e9ralisme, LIBERT\u00c9 = RECONNAISSANCE.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On vit dans un monde de principe. Comme individu, j&rsquo;ai la libert\u00e9 d\u2019agir\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>La reconnaissance mutuelle est bas\u00e9e sur des accommodation institutionnelles (prend la forme de services). Toutes les n\u00e9gociations avec les communaut\u00e9s autochtones se font bas\u00e9 sur \u00e7a et pourquoi?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Leur mani\u00e8re de penser : On ne tient pas compte, dans les politiques de reconnaissances, de la souverainet\u00e9 des peuples, de leur rapport avec leur territoire qui est subjectif (spirituel). On se contente de r\u00e9sumer leur histoire sur une page des livres d\u2019histoires.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Notre mani\u00e8re de penser : on ne prend pas compte de la souverainet\u00e9 des peuples autochtones.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comment on transforme nos mani\u00e8res de penser ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tout le monde laisse passer le masculinisme parce que c\u2019est un d\u00e9bat de soci\u00e9t\u00e9, on ne peut pas prendre position parce qu\u2019on on&nbsp;brime la libert\u00e9 de penser des gens. Leur libert\u00e9 d\u2019expression. Aujourd\u2019hui, on priorise davantage la mani\u00e8re que les gens s\u2019expriment que le message. Les masculinistes savent s\u2019exprimer et accrocher les gens donc les gens les supportent. Certains diraient qu\u2019ils ont droit \u00e0 leur opinion et si on dit non, c&rsquo;est nous qui st dans le tort parce que chacun \u00e0 \u00ab&nbsp;droit&nbsp;\u00bb \u00e0 sa mani\u00e8re de penser.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9cits : Expliques-moi pourquoi tu es devenu masculiniste. On ne demande pas \u00e7a mais plut\u00f4t essaie de convaincre l\u2019autre et c&rsquo;est mauvais parce que c\u2019est subjectif et on brime la libert\u00e9 de l\u2019autre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Guy A. Lepage. Na pas fait son r\u00f4le de journalistes en poussant les masculinistes, il a juste laiss\u00e9 les hommes vendre ce qu\u2019ils avaient \u00e0 dire. L\u2019objectif \u00e0 pas \u00e9t\u00e9 atteint. Le reportage \u00e0 juste donn\u00e9 voix \u00e0 ses personnes.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez Trump, il y a une mani\u00e8re de penser qui est pr\u00e9senter comme r\u00e9publicain lib\u00e9ralisme, mais non c\u2019est libertarien (comme Elen Musk) (Les Simpsons, \u00e9crit par libertarien) mani\u00e8re de penser vraiment diff\u00e9rente de penser des d\u00e9mocrates, r\u00e9publicain, lib\u00e9ralistes\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me ce n\u2019est pas la diff\u00e9rence d\u2019opinion, c&rsquo;est le fait que l\u2019autre opinion am\u00e8ne beaucoup d\u2019horreur comme des f\u00e9minicides, des violences conjugales, la perte de droits\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>On l\u00e9gitime ses politiques l\u00e0 sans jamais les remettre en question.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On tente de rationaliser le discours de Trump, sans voir c&rsquo;est quoi qui se passe r\u00e9ellement sous nos yeux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On sait que Trump g\u00e8re par ses humeurs alors les Am\u00e9ricains ont voter contre la d\u00e9mocratie (contons contre les lois plut\u00f4t que pour l\u2019humeur des tyrans). C\u2019est un probl\u00e8me d\u2019\u00e9ducation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Passage de la loi (principes) \u00e0 l\u2019ordre des faits.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>1876 &#8211; la loi sur les Indiens.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9cits, mani\u00e8res de penser, rituel tendent \u00e0 la rarification du gibier est per\u00e7u et v\u00e9cu par la communaut\u00e9 autochtones.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9sultat : gouvernement interdit la chasse.<\/p>\n\n\n\n<p>Cons\u00e9quence : famine dans les communaut\u00e9s autochtones. Ils se tournent donc vers le conseil de bande qui demande au gouvernement de prendre ses responsabilit\u00e9s. Le gouvernement va donc amener de la nourriture aux r\u00e9serves, mais a quel prix.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le gouvernement n&rsquo;a jamais pris en compte du rapport au territoire des communaut\u00e9s autochtones.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La loi, elle transforme. Fonction assimilatrice. Pourquoi est-ce quelle est encore active? Elle leur est impos\u00e9, alors ils sont impuissants face \u00e0 \u00e7a.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Elle d\u00e9finit le statut d\u2019indiens. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Elle place les communaut\u00e9s autochtones sous tutelle. R\u00e9serves\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Les devoirs et les responsabilit\u00e9s de l\u00e9tal&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le Canada, on c\u00e8dera jamais l\u2019exploitation des ressources naturelles aux communaut\u00e9s donc automatiquement on brime leur rapport au territoire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p><strong>Mes id\u00e9es pour mon histoire : <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En approfondissant mes recherches sur les communaut\u00e9s autochtones, je me suis rapidement rendu compte qu\u2019une majorit\u00e9, et je m\u2019inclus l\u00e0-dedans, en connais tr\u00e8s peu sur ceux-ci. Ce qui est tr\u00e8s dommage, comme les enjeux que ces personnes font face tous les jours nous touche aussi sans m\u00eame que nous ne le sachions.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai visit\u00e9 dans les derni\u00e8res ann\u00e9es la communaut\u00e9 atikamekw de Manawan, puisque mes parents poss\u00e8dent un chalet dans ce coin. L&rsquo;hiver nous aimons faire du ski-doo et donc la r\u00e9serve de la Manawan nous est plus accessible, nous allons souvent dans des restaurants, des auberges et autres pr\u00e8s de l\u00e0 et par la m\u00eame occasion, nous rencontrons toutes sortes de personnes. <\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 tout ce qu\u2019on peut croire et penser savoir \u00e0 propos des personnes autochtones, j\u2019ai rencontr\u00e9 des gens ordinaires. Des gens qui sont g\u00e9n\u00e9raux, accueillants, gentils et dr\u00f4les. Des gens comme nous. Mais qui ont un pass\u00e9 beaucoup plus horrible que le n\u00f4tre. Pourtant, ils sont forts, ils ont r\u00e9ussi \u00e0 garder leur essence malgr\u00e9 tout.<\/p>\n\n\n\n<p>Je voulais \u00e9crire une histoire puisqu\u2019ils font partis de la notre.&nbsp;Mon histoire prend place dans les ann\u00e9es 80, quand la vie des autochtones \u00e9taient encore bien plus difficile qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, bien qu&rsquo;elle ne le soit malheureusement pas encore.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pourquoi j\u2019ai eu comme id\u00e9e d\u2019\u00e9crire l\u2019histoire d\u2019un petit gar\u00e7on autochtone qui subit de l\u2019intimidation par tous les pr\u00e9jug\u00e9s que nous avons contre ces personnes.\u00a0Mais de la vision d&rsquo;un petit gar\u00e7on allochtone, celui qui intimide, celui qui juge ce qu&rsquo;il ne comprend pas. En \u00e9crivant avec la perspective d&rsquo;un enfant, le texte est un peu na\u00eff, comme un enfant qui ne comprend pas encore la port\u00e9e de sa voix et l&rsquo;impact que ses mots peuvent avoir sur les autres. <\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est plus facile de dire qu&rsquo;un enfant est trop jeune pour comprendre certaines choses, mais on ne peut pas enlever aux enfants que bien souvent, ils poss\u00e8dent une capacit\u00e9 bien plus grande que celle des adultes. qui sont bien souvent trop camp\u00e9 dans leur id\u00e9es pr\u00e9con\u00e7us pour se remettre en question. <\/p>\n\n\n\n<p>Le \u00ab Je ne suis pas raciste, mais&#8230; \u00bb que tout le monde connait trop bien. C&rsquo;est quand m\u00eame triste de voir des gens suppos\u00e9ment intelligent qui sont autant ferm\u00e9s d&rsquo;esprit. Un enfant n&rsquo;aura jamais ce genre de pens\u00e9e par lui-m\u00eame (un enfant ne nait pas avec des pr\u00e9jug\u00e9s), \u00e0 moins qu&rsquo;il n&rsquo;ait entendu de ses parents ou d&rsquo;autres adultes <\/p>\n\n\n\n<p>Je r\u00e9alise en fait sait des recherches \u00e0 quel point les informations au sujet des communaut\u00e9s autochtones sont restreintes. Pourquoi il y a autant d\u2019informations, de gens qui militent et qui sont impliqu\u00e9s des toutes les autres luttes actuelles de notre soci\u00e9t\u00e9, mais les luttes que font face les communaut\u00e9s \u00e0 nos origines sont aussi silencieuse?&nbsp;Pourquoi c\u2019est apr\u00e8s vingt ans d\u2019existence que je r\u00e9alise que j\u2019en connais beaucoup trop peu sur ces gens, que je me sens quasi mal \u00e0 l\u2019aise de devoir en parler, car je me sens mal plac\u00e9e pour prendre position et parler de ce qu\u2019ils vivent. <\/p>\n\n\n\n<p>Parce que malgr\u00e9 le fait que je sois une femme, que j&rsquo;ai pu subir du sexisme, des critiques, des jugements et pleins d&rsquo;autres choses, rien de ce que j&rsquo;ai pu subir ne pourrait \u00e9quivaloir \u00e0 ce qu&rsquo;ils vivent encore au quotidien. <\/p>\n\n\n\n<p>Qui suis-je pour m\u2019approprier leur voix, pour les caricaturer d\u2019une mani\u00e8re qui entre dans le cadre de ce que je peux imaginer de ces communaut\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>Il y a une chose que j\u2019ai de la difficult\u00e9 \u00e0 comprendre, et c\u2019est pourquoi est-ce qu\u2019on doit parler d\u2019eux comme s\u2019il \u00e9tait des genre de b\u00eates de foire qu\u2019on devait absolument analyser? Est-ce qu\u2019on dirait des qu\u00e9b\u00e9cois qui sont des communaut\u00e9s qui ne font que b\u00fbcher du bois et manger de la poutine? Je ne crois pas, alors pourquoi les autochtones devraient toujours \u00eatre r\u00e9duit qu\u2019\u00e0 leur communaut\u00e9?<\/p>\n\n\n\n<p>Je sais bien que leur entourage est quelque chose d\u2019important, pour qui ce ne le serait pas. Mais pourquoi est-ce qu\u2019on analyserait pas plut\u00f4t chaque individu, puisque eux, comme nous, comme tous les habitants de cette plan\u00e8te sont diff\u00e9rents, ont leur propre histoire, leur propre trauma et leur propre vie. Personne n\u2019a la m\u00eame histoire \u00e0 raconter alors pourquoi r\u00e9duire des gens \u00e0 des communaut\u00e9s, \u00e0 des l\u00e9gendes racont\u00e9s par des gens qui en connaissent trop peu sur le sujet ou encore pire, \u00e0 des num\u00e9ros.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai de la difficult\u00e9 \u00e0 comprendre comment une soci\u00e9t\u00e9 qui est consid\u00e9r\u00e9e comme soit disant intelligente et instruite doit jug\u00e9e des autres aussi facilement, poser des \u00e9tiquettes r\u00e9ductrices et souvent m\u00e9prisantes sur des individus qui nous sont inconnus. Pourquoi le fait d&rsquo;approfondir sa pens\u00e9e avant d&rsquo;interpr\u00e9ter les choses, de poser un jugement semble si compliqu\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce que j&rsquo;ai le plus de difficult\u00e9 \u00e0 accepter, ce que m\u00eame les personnes les plus proche de moi peuvent \u00eatre autant ferm\u00e9s d&rsquo;esprit et remplis de pr\u00e9jug\u00e9s alors que ce n&rsquo;est tellement pas mon cas. et pour \u00e7a, je suis reconnaissante de mes parents, d&rsquo;avoir su m&rsquo;instruire. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Voici une partie des pr\u00e9jug\u00e9s sur les personnes autochtones que j\u2019ai pu entendre dans ma vie : <\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Ils habitent \u00e0 14 dans le m\u00eame logement.<\/li>\n\n\n\n<li>Ils sniff du gaz, ils prennent beaucoup de drogue et d&rsquo;alcool.&nbsp;Ils sont tous d\u00e9pendants. <\/li>\n\n\n\n<li>Ils ne savent pas lire ni \u00e9crire.&nbsp;<\/li>\n\n\n\n<li>Ils vivent dans des taudis,<\/li>\n\n\n\n<li>Le gouvernement leur paye tout, ils se font vivre par le gouvernement.<\/li>\n\n\n\n<li>Ils ont tous des gros pickup.<\/li>\n\n\n\n<li>Ils laissent leur skidoo dans la neige une fois qu&rsquo;il n&rsquo;ont plus de gaz.&nbsp;<\/li>\n\n\n\n<li>Ils puent, ils ont une hygi\u00e8ne d\u00e9ficiente.<\/li>\n\n\n\n<li>Les p\u00e8res violent tous leurs enfants.&nbsp;<\/li>\n\n\n\n<li>Ils vivent dans la mis\u00e8re.<\/li>\n\n\n\n<li>Ils ne mangent que de la junk.<\/li>\n\n\n\n<li>Ils sont toujours en retard.<\/li>\n\n\n\n<li>Ils ne comprennent pas comment fonctionne le vrai monde. Ils sont m\u00e9sadapt\u00e9s socialement.<\/li>\n\n\n\n<li>Les parents n\u00e9gligent leurs enfants.<\/li>\n\n\n\n<li>Les parents battent leurs enfants.<\/li>\n\n\n\n<li>Ils ne sont pas capable de subvenir \u00e0 leurs besoins. Ils sont tous pauvres.<\/li>\n\n\n\n<li>Ils mangent juste de la viande sauvage.<\/li>\n\n\n\n<li>Ils ne respectent pas les animaux, ils font de la chasse sauvage<\/li>\n\n\n\n<li>Etc.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Pourtant, il y a tellement plus \u00e0 eux qu\u2019on peut le croire : <\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Ils vivent en harmonie avec la nature.<\/li>\n\n\n\n<li>Ils se soutiennent en famille et en clan.<\/li>\n\n\n\n<li>Ils respectent l\u2019\u00e2me des animaux et de tous les \u00eatres vivants.<\/li>\n\n\n\n<li>Ils vivent dans le moment pr\u00e9sent et ne s\u2019inqui\u00e8tent pas avec l\u2019avenir.<\/li>\n\n\n\n<li>Ils sont accueillants et bienveillants.<\/li>\n\n\n\n<li>Etc.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Quelques id\u00e9es en rafale pour mon histoire :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Rien de se que vous pouvez me faire me fera perdre qui je suis. Vous avez simplement peur de moi. Parce que moi, je suis fort.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Et la comme je me f\u00e2che tu vas me traiter de sauvage<\/p>\n\n\n\n<p>Le petit autochtones regarde la barri\u00e8re autour de la cours d\u2019\u00e9cole et panique. Cl\u00f4ture de la r\u00e9serve.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il marmonnait des choses intelligibles. Parle comme il faut. Tu veux dire que tu veux que je parle dans ta langue.<\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration de sa famille \u00e0 ne pas devoir aller dans les&nbsp;pensionnats. <\/p>\n\n\n\n<p>On m\u2019a appris ce qu&rsquo;\u00e9tait le racisme alors que j&rsquo;\u00e9tais a genoux, les mains enfouis dans la boue alors qu\u2019on me battait. C\u2019est ainsi que j\u2019ai compris que peu imprim\u00e9 ce que je leur disait, jamais ils ne comprendraient.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le petit gar\u00e7on dit son nom et l\u2019autre lui dit que ce n\u2019est pas un nom. Oh, tu veux dire que tu veux savoir le nom que ton gouvernement m\u2019a donn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le petit gar\u00e7on a une ecchymose et l\u2019autre lui dit qui t\u2019a frapp\u00e9? C\u2019est ton p\u00e8re? Ta m\u00e8re?<\/p>\n\n\n\n<p>Tu n\u2019es pas venu \u00e0 l\u2019\u00e9cole hier, pourquoi? Ton p\u00e8re \u00e9tait saoul le matin? Non, non, j\u2019avais un rendez-vous.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9nom de <q>Maskowisi<\/q>, qui veut dire&nbsp;<q>\u00eatre fort(e) comme un ours<\/q>&nbsp;en atikamekw.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9nom <strong>Kokoptcitc<\/strong>, un pr\u00e9nom f\u00e9minin qui s&rsquo;ignifie \u00ab&nbsp;<strong>Petit papillon<\/strong>&nbsp;\u00bb en langue Atikamekw.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lexique Atikamekw :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Nikwimes<\/td><td>nigouimess<\/td><td>mon ami<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Kwei&nbsp;!<\/td><td>Kou\u00e8i&nbsp;!<\/td><td>Bonjour&nbsp;! Salut&nbsp;!<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Mikwetc&nbsp;!<\/td><td>Migouetch&nbsp;!<\/td><td>Merci&nbsp;!<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Matcaci&nbsp;!<\/td><td>Matchashi<\/td><td>Salut&nbsp;! Au revoir&nbsp;!<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Ki micta sakihitin<\/td><td>Ki mishta sakihid\u00e9nn<\/td><td>Je t\u2019aime beaucoup<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Nama<\/td><td>N\u00e2m\u00e2 (m\u00e2)<\/td><td>Non, ne \u2026 pas<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences : <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.mikana.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Petit-guide-de-terminologies-en-contexte-autochtone-FR-June-2022.pdf\">https:\/\/www.mikana.ca\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Petit-guide-de-terminologies-en-contexte-autochtone-FR-June-2022.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Pensionnats_pour_Autochtones_au_Canada#:~:text=Ils%20se%20sont%20r%C3%A9pandus%20avec,ses%20portes%20en%20novembre%201996.\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Pensionnats_pour_Autochtones_au_Canada#:~:text=Ils%20se%20sont%20r%C3%A9pandus%20avec,ses%20portes%20en%20novembre%201996.<\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-nctr wp-block-embed-nctr\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"RrTEHjQrZa\"><a href=\"https:\/\/nctr.ca\/education-fr\/ressources-pedagogiques\/histoire-des-pensionnats-indiens\/?lang=fr\">Histoire des pensionnats autochtones<\/a><\/blockquote><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; visibility: hidden;\" title=\"&#8220;Histoire des pensionnats autochtones&#8221; &#8212; NCTR\" src=\"https:\/\/nctr.ca\/education-fr\/ressources-pedagogiques\/histoire-des-pensionnats-indiens\/embed\/?lang=fr#?secret=hXVefI1C2k#?secret=RrTEHjQrZa\" data-secret=\"RrTEHjQrZa\" width=\"525\" height=\"296\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:21px\"><strong>Livre : Noami Fontaine, <em>Shuni<\/em>, Maison d&rsquo;encrier, 2019, 158 pages, format num\u00e9rique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Voici les extraits du livre qui ont inspir\u00e9s mon histoire. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0|\u2026| j\u2019ai du respect pour ceux, celles, qui s\u2019aventurent sur les routes \u00e9loign\u00e9es afin de travailler au sein de nos communaut\u00e9s. Comme Julie, j\u2019admire leur courage et leur empathie. Je sais que l\u2019intention est bonne. Mais je sais aussi que ce n\u2019est pas suffisant.\u00a0\u00bb p.13.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Ils savaient que les mani\u00e8res de vivre ne seraient plus les m\u00eames. Que leurs savoirs seraient mis \u00e0 rude \u00e9preuve. Leur parole souill\u00e9e. Leur corps viol\u00e9. Leur territoire d\u00e9vast\u00e9. Que plus jamais les enfants ne na\u00eetraient sous les tentes. Ils pressentaient, sans pouvoir le nommer, ce qu\u2019est \u00eatre colonis\u00e9.\u00a0\u00bb p.17.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0\u00c0 l\u2019\u00e9tablissement de la r\u00e9serve, le gouvernement a cru bon d\u2019\u00e9lever une cl\u00f4ture haute, en m\u00e9tal, pour marquer la fronti\u00e8re que d\u00e9sormais les Innus ne pourraient plus franchir sans raison valable |\u2026| Des ann\u00e9es plus tard, les autorit\u00e9s ont d\u00e9mont\u00e9 la cl\u00f4ture qu\u2019ils avaient \u00e9rig\u00e9e. Mais il \u00e9tait tard d\u00e9j\u00e0. Nous \u00e9tions n\u00e9s enferm\u00e9s et cet enfermement \u00e9tait devenu notre salut. Nous les nomades, les voyageurs, ceux qui avaient pour territoire le Nord tout entier, nous avons fini par croire que cette cl\u00f4ture nous prot\u00e9geait. Contre le m\u00e9pris, les arnaques, la haine de ceux qui l\u2019avaient \u00e9rig\u00e9e. Les barri\u00e8res les plus solides sont celles qui subsistent dans l\u2019esprit.\u00a0\u00bb p.17<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Parce que la peur, mes grands-parents la connaissaient. De toutes les mani\u00e8res inimaginables qui soient. La famine, le froid, les absences, la mort, la maladie, le deuil, l\u2019arrachement, le m\u00e9pris, les enfants mort-n\u00e9s. Peu de choses pouvait les effrayer\u00a0\u00bb p.18<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0On m\u2019a demand\u00e9 quel \u00e9tait le plus beau mot de la langue fran\u00e7aise. Le voici. Libert\u00e9. C\u2019est un mot qui n\u2019existe pourtant pas dans ma langue. La libert\u00e9 est un concept intrins\u00e8que \u00e0 tout ce qui existe dans notre vision du monde. Nous sommes issus d\u2019un espace sans cl\u00f4tures, sans fronti\u00e8res. |\u2026| C\u2019est un \u00e9tat qui n\u2019a jamais eu besoin d\u2019\u00eatre nomm\u00e9. La seule mani\u00e8re de dire la libert\u00e9 en innu-aimun c\u2019est en nommant la fin d\u2019un enfermement. Apikunakanu.\u00a0\u00bb p.20<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Enfants, on nous a dit que nous avions tr\u00e8s peu de chance d\u2019obtenir notre dipl\u00f4me d\u2019\u00e9tudes secondaires parce que les statistiques pr\u00e9disaient notre \u00e9chec. Donc, pour pr\u00e9venir les d\u00e9crochages, des mesures d\u2019accommodement ont \u00e9t\u00e9 prises\u00a0: examens facilit\u00e9s, nivelage vers le bas, aucun devoir \u00e0 la maison. Et nous avons tout de m\u00eame \u00e9chou\u00e9. Qui peut se battre contre les chiffres\u00a0\u00bb p.21.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Ensuite, il y a eu la toxicomanie. |\u2026| Parce que la douleur exige qu\u2019on la g\u00e8le, m\u00eame au p\u00e9ril de la t\u00eate, du corps et de l\u2019esprit, m\u00eame dans les endroits o\u00f9 il n\u2019y a que de l\u2019essence pour oublier. L\u00e0 aussi, les chiffres ont \u00e9t\u00e9 importants. Ils ont attest\u00e9 que nous \u00e9tions n\u00e9s pour \u00eatre d\u00e9pendants\u00a0\u00bb p.21.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Plus tard, ils se sont mis \u00e0 compter les suicides. C\u2019\u00e9tait beaucoup plus grave que le d\u00e9crochage ou m\u00eame la toxicomanie. Les chiffres se sont affol\u00e9s. D\u00e9sormais, nous \u00e9tions devenus le peuple le plus \u00e0 risque de s\u2019enlever la vie. Nos hommes surtout. \u00c7a a cr\u00e9\u00e9 une angoisse terrible dans les familles.\u00a0\u00bb p.22.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Nous avons \u00e9t\u00e9 longtemps analys\u00e9s, sans que jamais personne ne se donne la peine de tenter de nous conna\u00eetre.\u00a0\u00bb p.22.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai souvent envi\u00e9 la libert\u00e9 de mes anc\u00eatres, leur savoir-faire, leurs sciences exactes, leurs capacit\u00e9s physiques qui n\u2019ont pas d\u2019\u00e9quivalent actuel, la force de leur esprit, l\u2019immuabilit\u00e9 du noyau familial et la chaleur. La chaleur que deux corps amoureux font na\u00eetre au milieu des vents glac\u00e9s. Par contre, je n\u2019ai jamais envi\u00e9 leurs difficult\u00e9s quotidiennes, l\u2019aridit\u00e9 de l\u2019hiver nordique, les champs de glace \u00e0 traverser, les accidents fatals, la pr\u00e9carit\u00e9 et la peur. \u00bb p.25.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Il y a ces gestes que je n\u2019ai pas appris \u00e0 faire quand j\u2019\u00e9tais petite. Je n\u2019ai pas appris \u00e0 cogner \u00e0 une porte avant d\u2019entrer dans une maison. Je n\u2019ai pas appris l\u2019importance d\u2019arriver \u00e0 l\u2019heure \u00e0 un rendez-vous. Ma m\u00e8re ne m\u2019a pas appris \u00e0 g\u00e9rer convenablement mes finances.<br>Et toi Julie, sais-tu reconna\u00eetre les pistes du li\u00e8vre\u00a0? Sais-tu lire le temps qu\u2019il fera sur les feuilles des arbres\u00a0? Sais-tu entendre, au-del\u00e0 de la souffrance qui est visible, le pouls d\u2019un c\u0153ur qui s\u2019acc\u00e9l\u00e8re pour continuer \u00e0 battre\u00a0?\u00a0\u00bb p.29<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Je n\u2019ai jamais travaill\u00e9 avec du papier. J\u2019ai toujours travaill\u00e9 avec ma t\u00eate.\u00a0\u00bb p.33.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab J\u2019\u00e9cris en fran\u00e7ais parce que c\u2019est la seule langue dans laquelle je sais \u00e9crire. Ce n\u2019est pas mon choix de ne pas \u00e9crire en innu. Cette d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise bien avant ma naissance. Elle \u00e9tait inscrite dans toutes les mesures assimilatrices que mes grands-parents, parents et moi avons subies. On m\u2019a instruite en fran\u00e7ais. On m\u2019a fait croire que ma langue \u00e9tait mourante. Qu\u2019il ne fallait pas trop s\u2019y attacher, un animal en captivit\u00e9 dans un abattoir. \u00bb p.35.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Ils innuiseront ton nom. Comme longtemps les missionnaires ont francis\u00e9 les n\u00f4tres.\u00a0\u00bb p.36.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab |Mon oncle| aime transmettre ses savoirs. \u00c7a fait partie de sa r\u00e9putation.\u00a0\u00bb p.42<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce qu\u2019un nom\u00a0? Qu\u2019est-ce qu\u2019une identit\u00e9\u00a0? |\u2026| J\u2019aurais pu simplement l\u2019appeler Marco. Mais, je trouvais de mauvais augure de donner le nom d\u2019un homme d\u00e9c\u00e9d\u00e9 accidentellement \u00e0 un enfant. Je voulais qu\u2019il cr\u00e9e sa propre identit\u00e9\u00a0\u00bb p.43.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019imagine que \u00e7a fait partie des pr\u00e9occupations habituelles, la nationalit\u00e9 de celui ou celle avec qui les gens choisissent de partager leur vie. \u00c0 cause des valeurs. \u00c0 cause de la langue parl\u00e9e dans une maison. \u00c0 cause des enfants \u00e0 \u00e9duquer. \u00c0 cause du lieu, de la distance que les lieux cr\u00e9ent. Ici, \u00e7a va souvent de soi. Les Innus tombent amoureux des Innues. Et ils font de magnifiques enfants innus aux yeux brid\u00e9s et aux cheveux h\u00e9riss\u00e9s. Bien s\u00fbr la loi nous y incite. Les contraintes des droits acquis d\u00e9pendent de la puret\u00e9 du sang. \u00bb p.45.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Maman, je veux \u00eatre blanc. Un coup dans mon ventre. Lui, \u00e0 la peau aussi brune que la mienne. Fonc\u00e9 comme les enfants du Sud en plein juillet. Le visage rond de ma m\u00e8re et les yeux presque noirs de son p\u00e8re.\u00a0|\u2026|\u00a0Et pourtant, derri\u00e8re ma d\u00e9termination, sa phrase m\u2019a ramen\u00e9e \u00e0 mon propre doute. Ma fiert\u00e9 que j\u2019ai constat\u00e9 aussi fragile que de la porcelaine. |\u2026|\u00a0J\u2019ai pleur\u00e9 mon envie d\u2019\u00eatre blanche. \u00bb p.50.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai souvent ce mouvement de recul lorsque je me retrouve dans une salle comble de gens \u00e0 la peau blanche. |\u2026| Cet \u00e9tat qui me ram\u00e8ne \u00e0 ma diff\u00e9rence, mon complexe d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9. Je dois me battre contre \u00e7a. M\u2019estimer. Froncer les sourcils sans que \u00e7a paraisse. Ne pas la laisser me submerger. Ne pas hausser le ton, parce que sinon ils penseront que la Sauvagesse est difficile \u00e0 civiliser. Ne pas rire trop fort, parce que les \u00e9motions expos\u00e9es \u00e0 vif ne font pas partie de la soci\u00e9t\u00e9, la haute. Ne pas pleurer, surtout, ne pas pleurer. Parce que personne ne comprendrait. Je me d\u00e9bats et je trouve juste assez de paix pour retenir mon souffle. \u00bb p.51<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Mes anc\u00eatres, ceux qu\u2019ils ont appel\u00e9s Sauvages, n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 contre le fait de faciliter leur mode de vie.<br>Ce n\u2019est pas la modernit\u00e9 qui nous a presque tu\u00e9s. C\u2019est l\u2019id\u00e9e impossible qu\u2019une race puisse \u00eatre sup\u00e9rieure \u00e0 une autre.\u00a0\u00bb p.55.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Une partie de ma vie, j\u2019ai dout\u00e9 de la valeur de ma culture. C\u2019est pourquoi je ne t\u2019en veux pas lorsque dans tes yeux je lis de la piti\u00e9 pour nous. Je ne condamne pas non plus tes peurs ni ton ignorance. Ce qui me d\u00e9range, ce sont les bo\u00eetes. Ces toutes petites bo\u00eetes dans lesquelles les \u00e9trangers se croient en mesure de nous classer. Le bon Indien, l\u2019Indien spirituel, l\u2019Indien civilis\u00e9, l\u2019Indien sauvage et l\u2019Indien de mis\u00e8re. Pour d\u00e9faire un pr\u00e9jug\u00e9, il faut commencer par admettre qu\u2019il existe\u00a0\u00bb p.57.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab T\u2019\u00e9crire au nom de ce \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb, c\u2019est aussi me rappeler que ce \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb n\u2019existe que dans les discours. Chez moi, tu verras l\u2019ensemble de l\u2019identit\u00e9 innue, mais tu ne nous conna\u00eetras r\u00e9ellement que lorsque l\u2019ensemble s\u2019effacera. Pour faire place \u00e0 chacun d\u2019eux.\u00a0\u00bb p.58.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0\u00c7a m\u2019aide \u00e0 me rappeler que ce que l\u2019on croit n\u2019est pas n\u00e9cessairement ce qui est.\u00a0\u00bb p.64.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Si tu veux vraiment aider les Innus, et je crois que tu le veux, pourquoi ne pas commencer par leur demander ce que tu pourrais faire pour eux. La r\u00e9ponse, je ne l\u2019ai pas. Ce sont eux qui te la donneront\u00a0\u00bb p.65.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Jamais on ne s\u2019habitue au suicide. Jamais on n\u2019appelle \u00e7a une crise. Jamais on ne les compte. Nos c\u0153urs fatigu\u00e9s n\u2019arrivent pas \u00e0 se consoler. Il n\u2019y a plus de mots pour dire que \u00e7a passera\u00a0\u00bb p.70.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai su d\u00e8s l\u2019enfance que la vie est injuste. \u00c7a m\u2019a appris \u00e0 ne pas m\u00e9priser la souffrance des gens. M\u00eame si elle peut para\u00eetre banale, si elle est passag\u00e8re. Je crois que la souffrance est une chose pr\u00e9cieuse. Qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre entendue, pleur\u00e9e et l\u00e9gitim\u00e9e. Ne jamais y r\u00e9pondre par un inutile c\u2019est pas grave ou un insignifiant \u00e7a passera.<br>Lorsqu\u2019une personne souffre, elle se tient sur un fil de fer, en \u00e9quilibre au-dessus d\u2019un brasier de noirceur. Chaque pas, chaque mot, chaque geste requiert une force surhumaine\u00a0\u00bb p.70.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai souvent entendu dire que mon peuple \u00e9tait particuli\u00e8rement r\u00e9silient. C\u2019est \u00e9trange. Ce terme sonne \u00e0 mon oreille comme une forme de passivit\u00e9, lorsqu\u2019il est utilis\u00e9 pour nommer la force de survivre \u00e0 la colonisation sauvage dont ont \u00e9t\u00e9 victimes les Premi\u00e8res Nations\u00a0\u00bb p.72.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Un jour, entre la honte et la col\u00e8re, il m\u2019a avou\u00e9 que son patron ne lui payait pas toutes les heures qu\u2019il travaillait. On l\u2019arnaquait ainsi. Sans scrupules. Et lui n\u2019avait d\u2019autre choix que de continuer \u00e0 faire ses heures, malgr\u00e9 l\u2019escroquerie, afin de subvenir aux besoins de sa femme\u00a0\u00bb p.73.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas naturel qu\u2019une personne reste ouverte \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 qui, durant plus d\u2019un si\u00e8cle, a tout mis en \u0153uvre pour d\u00e9truire sa culture. Ce n\u2019est pas naturel d\u2019\u00e9crire dans une langue coloniale, et de l\u2019aimer.\u00a0\u00bb p.73.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Rien dans ce que j\u2019ai vu chez lui ne ressemble \u00e0 de la r\u00e9silience. C\u2019est de l\u2019ent\u00eatement, du courage, de la fermet\u00e9. De la r\u00e9sistance.\u00a0\u00bb p.74.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Mais je crois sinc\u00e8rement que c\u2019est l\u2019amour qui changera le monde. Entre nous et vous. Entre toi et moi.\u00a0\u00bb p.76.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les gens ont pas le droit d\u2019\u00eatre racistes, hein\u00a0? En fait, oui ils ont le droit. Les gens peuvent ne pas t\u2019aimer. Peu importe la raison. |\u2026| Et tu sais, mon c\u0153ur, \u00e7a va arriver. Parfois, les gens ne t\u2019aimeront pas parce que tu es diff\u00e9rent. Ils ne trouveront pas dans leur c\u0153ur assez d\u2019espace pour ta diff\u00e9rence. Ils riront peut-\u00eatre de la forme de ton visage, de la couleur de ta peau, de tes cheveux raides, de notre histoire, de nos danses, de nos habits traditionnels, de notre langue. Parfois, ils seront plusieurs et toi tu seras seul\u00a0|\u2026| Mais sache une chose, mon c\u0153ur, c\u2019est le seul pouvoir qu\u2019ils auront sur toi. Il n\u2019y a rien qu\u2019ils pourront faire pour t\u2019emp\u00eacher d\u2019atteindre les buts que tu te donnes. |\u2026| Puis un jour, tu verras. \u00c7a viendra. Tu constateras que tout ce que tu fais d\u2019exceptionnel vient de ta diff\u00e9rence. Parce que tu auras choisi de t\u2019aimer, tel que tu es.\u00a0\u00bb p.77.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019une des valeurs fondatrices du nomade est le travail. Ils disent que \u00e7a coule dans les veines. |\u2026| \u00c7a peut sembler paradoxal. Surtout lorsqu\u2019on constate le taux de ch\u00f4mage et la quantit\u00e9 de gens vivant de l\u2019aide sociale dans les r\u00e9serves. En r\u00e9alit\u00e9, il existe d\u2019autres types de travail que celui qui est r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 \u00e0 la semaine, ou celui qui est effectu\u00e9 sous l\u2019\u0153il suspicieux d\u2019un patron. \u00bb p.81.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Il faut voir son travail pour constater que le talent brut ne s\u2019apprend pas dans une classe\u00a0\u00bb p.82.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est ainsi chez moi, le travail est fondateur. L\u2019art est spirituel. Il est peu probable de songer \u00e0 combiner le travail et l\u2019art. Et il n\u2019est recommand\u00e9 \u00e0 personne d\u2019esp\u00e9rer vivre seulement de son talent.\u00a0\u00bb p.83.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Un Innu n\u2019est jamais propri\u00e9taire de son terrain, car les territoires des r\u00e9serves appartiennent \u00e0 l\u2019\u00c9tat. \u00bb p.85.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Un non-Autochtone ne peut pas acheter une maison sur une r\u00e9serve. |\u2026| Il ne peut pas acheter ni vendre dans la r\u00e9serve. Par contre, il peut sous-louer, pour un temps d\u00e9termin\u00e9, une maison \u00e0 un habitant. Il peut aussi s\u2019amouracher d\u2019une Innue et vivre en concubinage avec elle. Se marier, si l\u2019amour tient le coup, avoir des enfants. Mais il ne sera jamais signataire de cette maison. Seule une femme non-autochtone pourrait l\u2019\u00eatre, \u00e0 condition d\u2019avoir des enfants m\u00e9tis en bas \u00e2ge et aucun mauvais ant\u00e9c\u00e9dent avec le Conseil.\u00a0\u00bb p.85.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Fuir l\u2019oppression. L\u2019exclusion. La pauvret\u00e9. Les chiens errants. Le sable ou la neige. Je te parle du lieu. Il y a, dans la forme des maisons, un accablement. |&#8230;| Partout. L\u2019inach\u00e8vement.\u00a0\u00bb p.87. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0La r\u00e9serve est un lieu. Un emplacement choisi par le gouvernement. C\u2019est le gouvernement qui a instaur\u00e9 les r\u00e9serves\u00a0|&#8230;|\u00a0C\u2019est dans ces villages ferm\u00e9s qu\u2019est n\u00e9e la premi\u00e8re d\u00e9pendance, celle qui a entra\u00een\u00e9 toutes les autres\u00a0: la d\u00e9pendance au gouvernement. Aucun Innu n\u2019a jamais choisi de vivre dans une r\u00e9serve\u00a0\u00bb p.88.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0La communaut\u00e9, ce sont les gens. Les Innus ont toujours v\u00e9cu en proximit\u00e9 les uns avec les autres. Pour vivre dans le territoire, le clan est essentiel. Ils l\u2019ont toujours su. Seul, on ne peut pas survivre. La communaut\u00e9, c\u2019est notre fondation.\u00a0\u00bb p.88.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Le jour o\u00f9 il n\u2019y aura plus de r\u00e9serve, et je crois que ce jour viendra, nous r\u00eaverons, nous ferons des enfants, nous danserons le makushan, librement, dans l\u2019innu-assi. Toi et moi, Shuni, nous assisterons, \u00e9mues et heureuses, \u00e0 la chute d\u2019un mur. Ce mur invisible qui nous a s\u00e9par\u00e9es lorsque nous sommes n\u00e9es. Celui que l\u2019amiti\u00e9 a su percer\u00a0\u00bb p.89.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Chez moi, Shuni, ce qui prime, ce sont les relations. |\u2026| Les liens entre les \u00eatres humains. \u00c7a n\u2019a rien \u00e0 voir avec le genre, l\u2019\u00e2ge, les dipl\u00f4mes ou le salaire. Ni m\u00eame la nationalit\u00e9. Leur essence se trouve plut\u00f4t dans l\u2019intensit\u00e9 avec laquelle une personne s\u2019investit ou non avec une autre. Une question de proximit\u00e9 et de distance.\u00a0|\u2026| Tout part des relations. |&#8230;| Crois-moi, dans une telle soci\u00e9t\u00e9, l\u2019exclusion est un \u00e9tat insupportable\u00bb p.92.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Si j\u2019avais \u00e9t\u00e9 une femme blanche, j\u2019aurais \u00e9t\u00e9 cette pauvre fille battue. |\u2026| Personne n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 mon malheur. Il aurait \u00e9t\u00e9 unique, individuel. Mais je suis Innue. Cette blessure sur mon visage n\u2019\u00e9tait pas seulement la mienne, elle appartenait aussi \u00e0 ma nation.\u00a0\u00bb p.95.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Rarement, les gens me per\u00e7oivent comme un individu unique. Dans un groupe, on ne m\u2019appelle pas par mon nom. On dira l\u2019Indienne, l\u2019Innue, l\u2019Autochtone. Si je tombe, c\u2019est tous les autres qui tombent avec moi. Si je me tiens debout, ils sauront que nous sommes r\u00e9sistants. Ce n\u2019est pas de la vanit\u00e9. C\u2019est le mur o\u00f9 les pr\u00e9jug\u00e9s nous ont accul\u00e9s. Et il faudra du temps, de l\u2019espace, de la connaissance pour s\u2019en lib\u00e9rer\u00a0\u00bb p.96.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Quelques fois on m\u2019a demand\u00e9 de participer \u00e0 des associations f\u00e9ministes, ou d\u2019\u00e9crire un texte f\u00e9ministe. Je con\u00e7ois qu\u2019ailleurs les femmes aient d\u00fb se battre pour leurs droits et pour l\u2019\u00e9galit\u00e9. Dans les soci\u00e9t\u00e9s domin\u00e9es par les hommes, forc\u00e9ment leur victoire a chang\u00e9 le monde. Mais Shuni, les choses sont bien diff\u00e9rentes chez moi. |&#8230;| Les hommes savaient que leur survie d\u00e9pendait d\u2019elles. Ils les respectaient pour \u00e7a. Ils les aimaient. |&#8230;| Je ne ressens pas le besoin de me d\u00e9fendre en tant que femme. Je n\u2019ai jamais dout\u00e9 de ma valeur de femme. On ne m\u2019a pas \u00e9duqu\u00e9e ainsi\u00a0\u00bb p.98 <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Non. Je n\u2019ai jamais dout\u00e9 qu\u2019une femme pouvait tout aussi bien r\u00e9ussir qu\u2019un homme dans tous les domaines de la vie. Car je viens de cette lign\u00e9e de femmes fortes, t\u00eatues, qui n\u2019ont pas eu peur d\u2019affronter des g\u00e9ants, pour que personne ne vienne troubler la tranquillit\u00e9 d\u2019un matin d\u2019\u00e9t\u00e9.\u00a0\u00bb p.99.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Ne pas avoir les mots, parfois, c\u2019est cruel\u00a0\u00bb p.109.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai des croyances. Je crois qu\u2019il existe des choses qu\u2019il est impossible de percevoir par ses sens, accessibles uniquement \u00e0 l\u2019esprit. Par exemple je crois en un Dieu bon, compatissant, puissant. Je crois aux lois parfaites inscrites dans la nature. Les saisons, la pluie et tous les flocons qui se forment. Je crois aussi que l\u2019\u00eatre humain est un \u00eatre parfait, qu\u2019il n\u2019est pas le fruit du hasard. Je crois en notre libre arbitre, ce qui repr\u00e9sente la plus grande preuve de l\u2019amour divin.\u00a0\u00bb p.110.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Si le colonialisme, si les tentatives d\u2019assimilation, si le vol de nos territoires, le vol de nos enfants, si les r\u00e9serves, si la loi sur les Indiens, si les pensionnats, si le racisme syst\u00e9mique, si la n\u00e9gation de notre culture ne les ont pas tu\u00e9s, eux, ceux qui ont subi toutes ces choses, rien aujourd\u2019hui ne pourra d\u00e9truire notre culture\u00a0\u00bb p.111.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Elle m\u2019a dit qu\u2019une amie qu\u00e9b\u00e9coise qui l\u2019accompagnait l\u2019avait interrompue \u00e0 plusieurs reprises pour redire et ajouter \u00e0 ses propos. Une femme qui a travaill\u00e9 dans les milieux autochtones. Sur le coup, elle n\u2019\u00e9tait pas parvenue \u00e0 s\u2019y opposer. Elle m\u2019a confi\u00e9 que le reste de la rencontre, bless\u00e9e, elle a simplement arr\u00eat\u00e9 d\u2019intervenir.\u00a0\u00bb p.113.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas plus honorable que celui qui se tait et qui \u00e9coute, m\u00eame devenu vieux et connaisseur. Conscient qu\u2019il ne sait pas tout sur une culture \u00e9trang\u00e8re. Que c\u2019est impossible\u00a0\u00bb p.114.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Je crois moins au m\u00e9tissage des cultures qu\u2019au reflet de soi dans l\u2019autre. Le m\u00e9tissage comme un ensemble flou de pratiques culturelles prises ici et l\u00e0 qui parfois m\u00e8nent les individus \u00e0 renier leur h\u00e9ritage. J\u2019aime la diversit\u00e9 que m\u2019offrent le monde et les rencontres que je fais \u00e0 travers les villes. J\u2019observe comment ailleurs les gens vivent, se parlent, s\u2019\u00e9coutent et se reconnaissent. Je m\u2019attache \u00e0 la diff\u00e9rence, parce que par elle, je r\u00e9alise les sp\u00e9cificit\u00e9s de ma culture\u00a0\u00bb p.121.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Depuis l\u2019instauration des r\u00e9serves, les Premi\u00e8res Nations vivent sous un syst\u00e8me de d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00c9tat. Aujourd\u2019hui nous exigeons de prendre les d\u00e9cisions par nous-m\u00eames en ce qui concerne nos communaut\u00e9s, nos territoires, notre \u00e9conomie, nos populations, nos probl\u00e8mes sociaux, notre \u00e9ducation, notre identit\u00e9. Nous demandons au gouvernement de nous laisser agir selon ce que nous aurons choisi d\u2019entreprendre pour ce qui nous semble le plus ad\u00e9quat pour les n\u00f4tres. Comme une m\u00e8re conna\u00eet exactement les besoins individuels de chacun de ses enfants, nous estimons que nous sommes en mesure de poser les gestes significatifs pour nos populations. \u00bb p.122.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Je ne crois pas que l\u2019Innu subisse davantage de malheur qu\u2019ailleurs. Je ne crois pas que na\u00eetre Innu constitue un pr\u00e9curseur pour la mis\u00e8re. D\u2019ailleurs, je ne crois pas que la souffrance soit quelque chose que l\u2019on peut mesurer et comparer. Ce que je crois, c\u2019est que l\u2019Innu vit d\u2019abord dans son c\u0153ur. |&#8230;| Pouss\u00e9 par ses \u00e9motions. Hyper attentif \u00e0 ce qu\u2019il ressent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de lui. Si l\u2019Europ\u00e9en est cart\u00e9sien, l\u2019Innu est sensitif. C\u2019est notre plus belle force et notre plus grande faiblesse\u00a0\u00bb p.125.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p>Ce livre m&rsquo;a marqu\u00e9, j&rsquo;ai pleurer \u00e0 plusieurs reprises durant ma lecture, pour toutes ces personnes qui se sont senti comme Naomi Fontaine une fois dans leur vie. La premi\u00e8re fois \u00e9tait celle de trop. Personne ne devrait se sentir pas \u00e0 sa place, rejet\u00e9 ou m\u00e9pris\u00e9 par d&rsquo;autres. Tout le monde est \u00e9gaux et la diff\u00e9rence est ce qui fait la beaut\u00e9 de l&rsquo;humanit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Nous serions ennuyant si nous \u00e9tions tous pareilles. Je pense r\u00e9ellement qu&rsquo;il faudrait honorer nos diff\u00e9rences, tenter d&rsquo;apprendre des autres. Conna\u00eetre les forces et les faiblesses de chacun pour s&rsquo;entraider, pour se remonter plut\u00f4t que de se rabaisser.  C&rsquo;est tellement inutile et idiot de d\u00e9tester. <\/p>\n\n\n\n<p>Je n&rsquo;arrive pas \u00e0 comprendre qu&rsquo;il y aie encore du racisme, du sexisme et toutes ces choses encore aujourd&rsquo;hui. <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cultures autochtones De mani\u00e8re m\u00e9thodologique. Politiques de reconnaissance.&nbsp; Inspir\u00e9 de Glen Sean Coulthard et L\u00e9anne Betasamoke Simpson (ils tournent le dos \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 canadienne)&nbsp; &#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":814,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[443,92],"tags":[],"class_list":["post-38637","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-automne-2024","category-enquetes-et-contribution-a-la-reflexion-commune"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/38637","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/814"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=38637"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/38637\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":39184,"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/38637\/revisions\/39184"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=38637"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=38637"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=38637"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}