{"id":556,"date":"2019-09-20T10:12:29","date_gmt":"2019-09-20T10:12:29","guid":{"rendered":"https:\/\/ethique-rlaroche.profweb.ca\/?page_id=556"},"modified":"2021-01-15T11:26:20","modified_gmt":"2021-01-15T11:26:20","slug":"charles-larmore","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/?page_id=556","title":{"rendered":"Charles Larmore"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Du lib\u00e9ralisme politique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>CHARLES LARMORE <a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les lois n&rsquo;ont pas pour fonction d&rsquo;assurer la v\u00e9rit\u00e9 des opinions, mais\nde garantir la s\u00fbret\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 du bien commun, et des biens et de la\npersonne de chaque homme en particulier. \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>John Locke. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ID\u00c9E DE NEUTRALIT\u00c9<\/p>\n\n\n\n<p>Comme\ntoute tradition de pens\u00e9e, le lib\u00e9ralisme est marqu\u00e9 tant par les d\u00e9bats qui\nopposent ses partisans que par les d\u00e9saccords qui l&rsquo;opposent \u00e0 ses adversaires. Dans ce cas,\nc&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment les termes dans lesquels on doit distinguer cette forme de\npens\u00e9e de ses rivales qui fait l&rsquo;objet d&rsquo;un d\u00e9bat interne permanent. Tenter de\ndiscerner l&rsquo; \u00ab essence\u00bb\nou l&rsquo; \u00ab esprit dominant\u00bb du\nlib\u00e9ralisme n&rsquo;a donc qu&rsquo;un int\u00e9r\u00eat limit\u00e9. N\u00e9anmoins ce n&rsquo;est pas un projet\ntotalement d\u00e9nu\u00e9 de valeur. Le mieux est de s&rsquo;attacher aux <em>probl\u00e8mes <\/em>fondamentaux qui ont\ndonn\u00e9 naissance \u00e0 la\npens\u00e9e lib\u00e9rale. Certaines versions du lib\u00e9ralisme appara\u00eetront alors plus\npertinentes que d&rsquo;autres en ce qu&rsquo;elles prennent ces probl\u00e8mes au s\u00e9rieux et en\nfont le pivot de la pens\u00e9e lib\u00e9rale. Dans cette perspective, les formes viables\nde lib\u00e9ralisme ne pourront elles- m\u00eames \u00eatre de nature \u00e0 faire surgir ce type de\nprobl\u00e8mes. <\/p>\n\n\n\n<p>Depuis le XVI&rsquo; si\u00e8cle se sont pos\u00e9s deux probl\u00e8mes fondamentaux que\nla pens\u00e9e lib\u00e9rale a tent\u00e9 de r\u00e9soudre. Il a fallu, en premier lieu, fixer des <em>limites <\/em>morales au pouvoir des\ngouvernements. A l&rsquo;encontre des th\u00e9ories de la <em>raison d&rsquo;\u00c9tat, <\/em>les penseurs lib\u00e9raux ont\nsoutenu que l&rsquo;on doit interdire un certain nombre de choses aux gouvernements.\nCes limites ne rel\u00e8vent pas de la simple prudence. Le probl\u00e8me n&rsquo;est pas\nseulement qu&rsquo;il y ait des r\u00e8gles de conduite que doivent respecter\nles gouvernants s&rsquo;ils souhaitent rester au pouvoir. Il existe \u00e9galement un bien\ncommun que le gouvernement devra reconna\u00eetre et promouvoir. <\/p>\n\n\n\n<p>Le second probl\u00e8me vient de ce que l&rsquo;on a pris de plus en\nplus conscience du fait que les \u00eatres raisonnables tendent \u00e0 diverger quant \u00e0\nla d\u00e9finition de la vie bonne. Un si\u00e8cle de guerres de Religion meurtri\u00e8res\n\u00e9tait un fait qu&rsquo;aucun des premiers penseurs lib\u00e9raux ne pouvait ignorer. Il ne\ns&rsquo;agit pas pour autant d&rsquo;un probl\u00e8me simplement religieux. Au fil des quatre\nderniers si\u00e8cles, la nature de la vie bonne, dans nombre de ses aspects, est\napparue comme l&rsquo;objet d&rsquo;un d\u00e9saccord entre personnes raisonnables, d\u00e9saccord\nqui n&rsquo;est pas accidentel, mais au contraire parfaitement pr\u00e9visible. Le fait\nd&rsquo;\u00eatre raisonnable, c&rsquo;est-\u00e0-dire de penser et de converser de bonne foi et en\nfaisant appel, du mieux que l&rsquo;on peut, aux capacit\u00e9s g\u00e9n\u00e9rales de la raison qui\ninterviennent dans tous les domaines d&rsquo;investigation, a cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre consid\u00e9r\u00e9\ncomme une garantie d&rsquo;unanimit\u00e9. Les divers courants de pens\u00e9e et les divers\ntypes d&rsquo;exp\u00e9rience qui ont men\u00e9 \u00e0 cette conclusion sont trop nombreux pour que\nj&rsquo;en fasse le recensement. Mais il nous faut n\u00e9anmoins proc\u00e9der initialement \u00e0\ncertaines clarifications. Quand je parle de d\u00e9saccord raisonnable quant \u00e0 la\nnature de la vie bonne, je ne me r\u00e9f\u00e8re pas \u00e0 la doctrine souvent appel\u00e9e \u00ab pluralisme \u00bb, selon laquelle il\nexiste de nombreuses formes tout \u00e0 fait valables d&rsquo;accomplissement humain.\nCette doctrine est elle-m\u00eame une th\u00e9orie sur la nature de la vie bonne. Il est\nplus pertinent de souligner que la question de savoir si l&rsquo;on peut \u00e9tablir une\nhi\u00e9rarchie entre les diff\u00e9rentes formes de bien et, si oui, laquelle est une\ndes questions qui suscitent maintes formes de d\u00e9saccord raisonnable (de\nnombreux pluralistes ont admis ce fait). Il est \u00e9galement important de noter\nque le fait de reconna\u00eetre l&rsquo;existence d&rsquo;un d\u00e9saccord raisonnable quant \u00e0 la\nnature de la vie bonne n&rsquo;est pas une forme de scepticisme. On peut toujours\ncroire que l&rsquo;on a de bonnes raisons d&rsquo;accepter une\ncertaine conception de ce qui donne un sens \u00e0 la\nvie. On peut donc se sentir autoris\u00e9 \u00e0 pr\u00e9tendre\nque ceux qui rejettent une telle conception sont dans l&rsquo;erreur. Mais il serait\nquand m\u00eame idiot de ne pas s&rsquo;attendre \u00e0 ce que\npareille conception soit contest\u00e9e au cours d&rsquo;une discussion calme et pr\u00e9cise.\nLa question des conditions dans lesquelles les hommes peuvent n\u00e9anmoins vivre\nensemble au sein d&rsquo;une association politique a donc \u00e9t\u00e9 une question\nessentielle pour la th\u00e9orie lib\u00e9rale. <\/p>\n\n\n\n<p>Ce second probl\u00e8me complique la t\u00e2che que repr\u00e9sente la\nr\u00e9solution du premier. Les Grecs et les penseurs du Moyen Age se sont\ng\u00e9n\u00e9ralement accord\u00e9s sur le fait que l&rsquo;on doit fixer des limites morales aux\npouvoirs de l&rsquo;\u00c9tat. Mais ils se sont montr\u00e9s excessivement optimistes quant aux\nchances d&rsquo;un accord raisonnable (que celui-ci soit ou non fond\u00e9 sur la\nr\u00e9v\u00e9lation) sur la nature de la vie bonne&rsquo;. Qu&rsquo;ici comme ailleurs la raison\ntende naturellement vers des solutions uniques \u00e9tait, \u00e0 leurs\nyeux, un axiome. C&rsquo;est pourquoi les Grecs et les penseurs m\u00e9di\u00e9vaux, de fa\u00e7ons\ndiff\u00e9rentes, ont sou- vent assign\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat la\nt\u00e2che de prot\u00e9ger et de favoriser des conceptions substantielles de la vie\nbonne. Les penseurs lib\u00e9raux, pour qui toute unanimit\u00e9 quant \u00e0 la\nnature de la vie bonne est plus vraisemblablement le fruit de la coercition que\nde la raison, doivent attribuer de tout autres fins \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat.\nPour r\u00e9soudre ces deux probl\u00e8mes d&rsquo;un seul coup, ils ont cherch\u00e9 \u00e0 circonscrire\nle r\u00f4le de l&rsquo;\u00c9tat au moyen d&rsquo;une <em>conception morale minimale. <\/em>Il est\nn\u00e9cessaire de concevoir des principes politiques qui expriment une certaine\nid\u00e9e du bien commun. Pourtant cette conception morale doit \u00eatre moins\ncompr\u00e9hensive que ces diff\u00e9rentes id\u00e9es de la vie bonne sur les- quelles les\n\u00eatres raisonnables ne s&rsquo;accordent pas. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, ce doit \u00eatre une\nconception \u00e0 laquelle puissent adh\u00e9rer le plus\nd&rsquo;individus possible, m\u00eame s&rsquo;ils diff\u00e8rent in\u00e9vitablement sur la valeur qu&rsquo;il\nconvient d&rsquo;attribuer \u00e0 des modes de vie sp\u00e9cifiques. (par\nconception morale \u00ab minimale \u00bb, je veux dire simplement que celle-ci sert de base commune et non que ceux\nqui y adh\u00e8rent s&rsquo;y soumettront sans effort et sans exception.) <\/p>\n\n\n\n<p>Pour\nd\u00e9crire cet id\u00e9al, la notion de <em>neutralit\u00e9 <\/em>vient tout naturellement \u00e0 l&rsquo;esprit. Dans un ordre\npolitique lib\u00e9ral, les principes politiques doivent \u00eatre \u00ab neutres\u00bb \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des notions\ncontrovers\u00e9es du bien. J&rsquo;ai moi-m\u00eame utilis\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment cette terminologie <a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>.\nMais pour \u00e9viter tout malentendu il faut garder pr\u00e9sents \u00e0 l&rsquo;esprit les deux\ninconv\u00e9nients que pr\u00e9sente l&rsquo;utilisation du terme \u00ab neutralit\u00e9\u00bb. En premier lieu,\nce terme peut sugg\u00e9rer \u00e0 tort que le lib\u00e9ralisme n&rsquo;est pas une conception morale,\nqu&rsquo;il est \u00ab neutre\n\u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la morale\u00bb.\nEn r\u00e9alit\u00e9, il cherche plut\u00f4t une neutralit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des diff\u00e9rentes\nconceptions controvers\u00e9es de la vie bonne. L&rsquo;\u00c9tat lib\u00e9ral doit toujours agir en\nfonction d&rsquo;une morale \u00e9l\u00e9mentaire ou commune, qui est plus susceptible de faire\nl&rsquo;objet d&rsquo;un accord raisonnable\n<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>. En second lieu, la notion de neutralit\u00e9 peut\nelle-m\u00eame avoir plusieurs sens. L&rsquo;interpr\u00e9tation qui pr\u00e9vaut dans la tradition\nutilitariste repose sur l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il existe un d\u00e9nominateur commun de la valeur\n: on peut alors consid\u00e9rer les diff\u00e9rentes conceptions de la vie bonne comme\nautant de mani\u00e8res de rechercher une valeur commune (le<em> <\/em>plaisir\nou la satisfaction des d\u00e9sirs). La mani\u00e8re \u00ab neutre\u00bb de r\u00e9gler les conflits\nentre ces conceptions consisterait \u00e0 adopter la ligne de conduite qui, chaque individu\ncomptant \u00e9galement, produira globalement la plus grande quantit\u00e9 de valeur\ncommune. Heureusement, ce n&rsquo;est pas le seul sens que l&rsquo;on puisse donner \u00e0 la notion\nde neutralit\u00e9, car un tel d\u00e9nominateur commun de valeur ne semble pas en fait\nexister. L&rsquo;interpr\u00e9tation selon laquelle les principes neutres sont ceux que\nl&rsquo;on peut justifier sans se r\u00e9f\u00e9rer aux conceptions controvers\u00e9es de la\nvie bonne, qui nous divisent, semble plus prometteuse. Bien entendu, ce terrain\nd&rsquo;entente, cette base neutre sur laquelle il nous faut raisonner, doit toujours\navoir un contenu moral. Sinon elle ne pourrait imposer de limites morales au\nr\u00f4le de l&rsquo;\u00c9tat. A condition que nous tenions compte de ces deux r\u00e9serves, la \u00ab neutralit\u00e9 \u00bb est sans doute ce qui d\u00e9crira\nle mieux la conception morale minimale du lib\u00e9ralisme<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>. <\/p>\n\n\n\n<p>Nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 vu,\nl&rsquo;id\u00e9e de fonder les principes politiques sur une base neutre n&rsquo;est pas\nn\u00e9cessairement motiv\u00e9e par le scepticisme. Certains lib\u00e9raux ont \u00e9t\u00e9\neffectivement des sceptiques. Mais le scepticisme n&rsquo;est pas le seul moyen de\ncomprendre la neutralit\u00e9 lib\u00e9rale. Ce n&rsquo;est pas non plus le meilleur moyen,\npuisque le scepticisme quant \u00e0 la nature de la vie bonne est pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;un\ndes points sur lesquels porte notre d\u00e9saccord raisonnable. S&rsquo;il faut \u00e9carter\nles conceptions controvers\u00e9es de la vie bonne, ce n&rsquo;est pas parce que l&rsquo;on a\ntort de croire que sa propre conception est mieux \u00e9tay\u00e9e par l&rsquo;exp\u00e9rience et la\nr\u00e9flexion que celles des autres. Ce n&rsquo;est pas non plus, comme le sugg\u00e8re Thomas\nNagel, que, lorsqu&rsquo;on en appelle \u00e0 \u00ab un\ncrit\u00e8re d&rsquo;objectivit\u00e9 sup\u00e9rieur \u00bb, on\nestime que de tels d\u00e9saccords \u00ab ne sont\nqu&rsquo;une simple confrontation entre des points de vue personnels incompatibles \u00bb<a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>.\nBien au contraire, on peut \u00eatre en mesure de pr\u00e9senter aux autres les\nraisons pour lesquelles on accepte tel id\u00e9al de vie et m\u00eame de leur expliquer\nen d\u00e9tail les erreurs qui les emp\u00eachent de se rallier \u00e0 ce point de vue (ce\nsont les deux conditions qui, selon Nagel, sont n\u00e9cessaires pour que soit\nrespect\u00e9 ce qu&rsquo;il appelle le \u00ab crit\u00e8re\nd&rsquo;objectivit\u00e9 sup\u00e9rieur\u00bb, N\u00e9anmoins,\nnous savons par exp\u00e9rience que notre conception\npeut continuer de se heurter \u00e0 une opposition raisonnable. Il en est ainsi\nparce que les diff\u00e9rentes conceptions de la vie bonne comprennent g\u00e9n\u00e9ralement\n(bien que nous ne nous en rendions pas toujours compte au premier abord) des\nstructures complexes diff\u00e9rentes comprenant des fins, des significations et des\nactivit\u00e9s. Sur la base de telles structures, on peut expliquer pourquoi des\nconceptions contraires sont erron\u00e9es. Pourtant le simple fait d&rsquo;\u00eatre\nraisonnable &#8211; c&rsquo;est-\u00e0-dire de manifester sa bonne foi et d&rsquo;exercer les\ncapacit\u00e9s g\u00e9n\u00e9rales de la raison &#8211; est une base trop fragile pour que l&rsquo;on puisse\nchoisir entre ces structures rivales <a href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>. <\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9 le fait que la neutralit\u00e9 lib\u00e9rale n&rsquo;est pas vraiment une question de scepticisme, de sorte que nous sommes mieux \u00e0 m\u00eame d&rsquo;appr\u00e9cier l&rsquo;importance de la question suivante: pourquoi faut-il, en r\u00e9alit\u00e9, s&rsquo;abstraire de conceptions controvers\u00e9es de la vie bonne pour construire les principes de l&rsquo;ordre politique? La neutralit\u00e9 politique est un principe moral qui stipule les conditions d&rsquo;une justification des principes politiques. Mais comment le principe de neutralit\u00e9 doit-il lui-m\u00eame \u00eatre justifi\u00e9 ? Il faut que la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une telle justification soit claire, car ce n&rsquo;est pas le seul moyen de r\u00e9pondre au d\u00e9saccord raisonnable quant \u00e0 la nature de la vie bonne. On pourrait, au contraire, exiger que l&rsquo;\u00c9tat cautionne notre vision du bien, si controvers\u00e9e soit-elle, et r\u00e9pliquer \u00e0 nos adversaires que, m\u00eame s&rsquo;ils sont raisonnables, ils se trompent sur ce qui donne un sens \u00e0 la vie. En soi, cette position n&rsquo;est pas illogique. Que peut-on lui opposer ? Si le scepticisme ne constitue pas une r\u00e9ponse appropri\u00e9e \u00e0 cette question, c&rsquo;est que les raisons qui sous-tendent l&rsquo;id\u00e9al de neutralit\u00e9 ne sont pas principalement <em>\u00e9pist\u00e9mologiques. <\/em>Elles sont, \u00e0 mon sens, fondamentalement <em>morales. <\/em>Il est n\u00e9anmoins capital de d\u00e9terminer le type d&rsquo;engagements moraux qu&rsquo;il nous faut rechercher comme fondement de cet id\u00e9al. <br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Ch. Larmore (1990), Political Liberalism, <em>Political Theory, <\/em>18, p. 339-360, traduit dans Ch. Larmore (1993), <em>Modernit\u00e9\net morale, <\/em>Paris, PUF, 161-192. <\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Voir mon livre <em>Patterns\nof Moral Complexity <\/em>(Larmore, 1987, p. 42 sq.), o\u00f9 j&rsquo;ai\nsuivi la voie trac\u00e9e par d&rsquo;autres lib\u00e9raux contemporains, comme Ronald Dworkin\n(1978) et Bruce Ackerman (1980). <\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Naturellement, l&rsquo;\u00c9tat lib\u00e9ral n&rsquo;est\npas non plus n\u00e9cessairement neutre \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des conceptions de la vie bonne\nqui sont l&rsquo;objet d&rsquo;un accord dans la soci\u00e9t\u00e9. Deux des critiques formul\u00e9es par\nJoseph Raz \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;id\u00e9al de neutralit\u00e9\n(1986, p. 128) semblent ignorer ce point ; selon sa troisi\u00e8me objection, la\nneutralit\u00e9 ne peut pas exclure le recours au marchandage <em>(bargaining)\n<\/em>pour d\u00e9fendre des principes tout \u00e0 fait\ninjustes ; mais c&rsquo;est l\u00e0 ignorer que la neutralit\u00e9 lib\u00e9rale est une conception\nmorale, et non une question de marchandage (voir la section II de ce chapitre).\n<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> La neutralit\u00e9 lib\u00e9rale ainsi d\u00e9finie\nest donc un id\u00e9al proc\u00e9dural. En g\u00e9n\u00e9ral, elle implique \u00e9galement une neutralit\u00e9\nde fins \u2022 en venu de laquelle les principes politiques ne doivent favoriser\naucune des conceptions controvers\u00e9es de la vie bonne, puisque les raisons\njustifiant les principes politiques portent souvent sur les fins de l&rsquo;action\n\u00e9tatique. Mais elle n&rsquo;implique nullement (\u00abneutralit\u00e9 de l&rsquo;effet \u00bb) que\nles principes politiques aient, de surcro\u00eet, une influence \u00e9gale sur tous les\nmodes de vie permissibles, car cela serait vraisemblablement impossible. Voir\nla discussion dans Rawls, 1988. <\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> 2. Voir Nagel, 1987. Nagel dit (p.\n229) que sa th\u00e8se ne rel\u00e8ve pas du \u00ab scepticisme \u00bb, mais elle suppose \u00e0 coup s\u00fbr que les id\u00e9aux \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard\ndesquels l&rsquo;\u00c9tat lib\u00e9ral doit \u00eatre neutre sont moins \u00abobjectifs\u00bb moins justifi\u00e9s\nque ceux qui doivent inspirer ses principes. <\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> Cette id\u00e9e est excellemment\nd\u00e9velopp\u00e9e par MacIntyre, 1988; voir \u00e9galement ma recension dans le <em>journal of Philosophy, <\/em>ao\u00fbt\n1989. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du lib\u00e9ralisme politique CHARLES LARMORE [1] \u00ab Les lois n&rsquo;ont pas pour fonction d&rsquo;assurer la v\u00e9rit\u00e9 des opinions, mais de garantir la s\u00fbret\u00e9 et la &#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":557,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-556","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/556","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=556"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/556\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":560,"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/556\/revisions\/560"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/557"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ethique-rlaroche.philo-cvm.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=556"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}